L'Opéra, une nuit d'été... - huile sur toile - 40F
Anna Filimonova : une Russe à Paris,
par Eurydice Trichon-Milsani
En contemplant l’œuvre abondante d'Anna Filimonova, on se demande, étonné :
Faut-il avoir les yeux d’un étranger pour s’émerveiller ainsi à la vue de Paris et conter ses merveilles ? Peut être… L’artiste parisien distrait par les impératifs de la mode reste indifférant devant l’incomparable beauté de son paysage. Voici donc le regard d’une Russe pour le redécouvrir. Inlassable dans ce genre de dévotion, Anna Filimonova ne cesse de nous révéler à sa façon les points de vue de son choix. Continue-t-elle une tradition déjà ancienne ou bien inaugure-t-elle une nouvelle ère de nostalgie après les années pop qui, balayant le charme, nous ont donné le goût d’un paysage urbain encombré d’affiches, de palissades, et des néons ? Peu importe. La réalité est que son enthousiasme nous emporte et nous ne demandons pas mieux que partager sa vision. Anna Filimonova regarde Paris amoureusement comptant ses milles facettes séduisantes, les façades sculptées des vieilles maisons, les rues grises, les cheminées carrées, les balcons en fer forgé… Par jour et nuit, par temps radieux ou brumeux, dans la pluie ou dans la neige.
Et cette récolte est riche car Anna Filimonova, l’étrangère, est depuis longtemps une parisienne et cette ville devenue si intime lui a livré tous ses secrets. Elle connaît aussi bien tous les hommages que d’autres lui ont déjà rendus. Ainsi ses vues de Paris sont-elles imprégnées de réminiscences littéraires, de clins d’œil à d’autres peintres. Un bateau ivre vogue dans la ville, un chat noir, petit génie du quotidien, rôde sur une corniche, un instrument de musique sonne… " Quand je suis à Batignolles devant le boulevard, je mets mon pas sur la trace de Pissarro ", dit-elle. Ailleurs, elle évoque les gris veloutés de Marquet. Anna Filimonova ne se soucie pas d'être moderne. Diachronique, elle nous fait partager ses émotions. C’est pour cela que ses moyens sont classiques. Le style légèrement expressionniste, les tons clairs, la touche généreuse. Ses formats, plutôt modestes, sont à la mesure des lieux de l’intimité : les tableaux sont des fenêtres ouvertes à un réel transcendé par le rêve. " Le tableau est mon miroir ", dit-elle. " Le présent et le passé s’y mêlent, dans ce Paris si cher percent les souvenirs russes…".
Les vues de Paris d'Anna Filimovna ne constituent point un inventaire, elles ne sont pas des cartes postales. Elles ont en elles une densité précieuse très personnelle: ce sont des morceaux de vécu qui constituent un vrai topos choisi par elle pour l’habiter et nous le faire partager.
Eurydice Trichon-Milsani
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Vous pouvez retrouvez également
les oeuvres de Kojiro Akagi, Anna Filimonova
et Jean-Michel Mathieux-Marie
sur le Toit de la Grande Arche,
Exposition permanente.

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Salon 2008
de la Société Nationale des Beaux-Arts
Carrousel du Louvre, Paris
salle Le Nôtre, 99 rue de Rivoli
75001 Paris
du 11 au 14 décembre 2008
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sur mon portable 06 61 91 23 98


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